Le Chef d’état-major turc : "J’ai refusé de m’entretenir avec Gulen pendant la tentative de coup d’Etat"

lundi 25 juillet 2016, par Hakan

Le Chef d’état-major turc, Hulusi Akar a déclaré que l’organisation terroriste parallèle FETO, a probablement décidé de réaliser un coup d’Etat pour contrer les décisions que le Conseil Supérieur Militaire (YAS) du mois d’août prochain avait prévu de prendre contre les membres de FETO infiltrés au sein de l’Armée turque.

L’Agence Anadolu a eu copie des témoignages que le Général Akar a donné en tant que plaignant au Procureur Général de la République d’Ankara, chargé de l’enquête contre l’organisation FETO et la tentative de coup d’Etat avortée du 15 juillet.

« En tant que Commandement de l’Armée turque, nous accompagnons notre Etat dans sa lutte contre l’organisation terroriste parallèle FETO. Lors du Conseil Supérieur Militaire du mois d’août, nous avions prévu d’écarter un grand nombre de soldats et gradés membres de cette organisation. C’est sûrement pour cette raison qu’ils ont décidé de faire ce coup d’Etat et de bombarder de manière odieuse et inhumaine le Parlement et de tuer des civils et leurs propres camarades au sein de l’armée et de la police », a-t-il dit.

Le Général Akar a affirmé qu’au moment où il évaluait les informations parvenues des Services de Renseignement (MIT), le Général de Division chargé de la Gestion des projets à l’état-major, Mehmet Disli, est venu le voir pour lui dire que les opérations avaient débuté.

« ’Nous allons arrêter tout le monde. Les bataillons et les brigades sont en route’ m’a-t-il dit . J’ai tout de suite compris qu’il s’agissait d’un soulèvement et j’ai réagi avec force. Je me suis naturellement énervé. ’Ce que vous faites est très grave. Vous allez le payer très cher. Mettez fin à cela avant qu’il n’y est des morts’, avais rétorqué, mais je n’ai pas pu le convaincre », a raconté Akar.

Le chef d’état-major a expliqué comment des putschistes sont entré dans son bureau pour le prendre en otage.

« Je me suis levé de manière brutale. Levent Turkkan [un autre gradé putschiste] m’a demandé de me calmer et de me rasseoir et m’a menacé avec son arme. A ce moment-là, un autre soldat est venu derrière moi et m’a bloqué la respiration avec une serviette puis avec une corde. Un autre m’a ensuite attaché les mains », a-t-il indiqué.

Et de poursuivre : « Mais qui êtes-vous, pour qui vous prenez-vous ? Où sont les généraux, les ministres que vous dites avoir avec vous ? A ce moment-là, Hakan Evrim m’a proposé de m’entretenir avec leur maître à penser Fethullah Gulen. Je leur ai dit que je ne parlerais avec personne ».

Le chef d’état-major a également indiqué que les généraux putschistes lui ont demandé de signer une déclaration qui indique que l’Armée a pris le pouvoir, afin de le lire sur toutes les TV du pays.

« J’ai refusé de manière très claire », a-t-il affirmé.

« Ils étaient tous comme des robots. Quand ils ont vu la résistance de notre peuple face aux chars et la détermination de notre Président et du gouvernement, certains ont commencé à changer de comportement. Ils perdaient espoir et ne croyaient plus à la réussite de leur tentative. Je leur ai dit de se rendre et de me libérer. Quelques temps après, j’ai entendu des tirs et des bombardements autour de nous », a-t-il poursuivi.

Le Général Akar a encore raconté que le lendemain matin vers 08h30 ou 09h00, les putschistes lui ont permis de s’entretenir avec le Premier ministre Binali Yildirim.

« Je lui ai expliqué la situation et il a clairement refusé toute négociation et affirmé que tous seront soumis à la justice pour ce qu’ils ont fait. De la même manière, je me suis entretenu par téléphone avec le Chef du Renseignement », a-t-il dit.

Pour conclure, le chef d’état-major a indiqué que ceux qui ont entaché l’image de l’Armée turque paieront de la plus lourde des manières leur trahison et leurs crimes.

Source : AA


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