jeudi 8 décembre 2022

[Béziers] Trafics, blanchiment et extorsions : une famille arménienne à la tête d’une organisation criminelle

Publié le | par Engin | Nombre de visite : 1132 |
[Béziers] Trafics, blanchiment et extorsions : une famille arménienne à la tête d'une organisation criminelle

Béziers. Trafics, blanchiment et extorsions : une famille arménienne à la tête d’une organisation criminelle

Article original : Actu

Une famille arménienne de Béziers qui était à la tête d’une organisation criminelle, a été arrêtée, lors d’un vaste coup de filet, déclenché lundi, par la gendarmerie dont le GIGN.

Le GIGN a été engagé lors de cette opération spectaculaire.

Un important coup de filet a été lancé lundi simultanément dans l’Hérault et dans d’autres régions par de nombreux services d’enquête, dont le Biterrois était le point central, révèle ce vendredi Raphaël Balland, le procureur de la République de Béziers. Récit.

En juillet 2020, une enquête préliminaire portant sur un trafic de cocaïne localisé à Montblanc, entre Béziers et Pézenas était ouverte par la brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie de Pézenas sous l’autorité du parquet de Béziers. Une trentaine d’usagers de produits stupéfiants était identifiée. Afin de tenter d’appréhender les fournisseurs de ce trafic, le parquet requérait l’ouverture d’une information judiciaire le 16 novembre 2020, des chefs de trafic de stupéfiants (cocaïne et cannabis) et trafic d’armes.

Huit enquêteurs
Début janvier 2021, une cellule spéciale composée de huit enquêteurs était mis en place sous l’autorité du magistrat instructeur, associant la section de recherches de Montpellier, le groupement départemental de la gendarmerie de l’Hérault, ainsi que le Groupe Interministériel de Recherche, le GIR de Montpellier. Au fur et à mesure des investigations, la saisine du magistrat instructeur était progressivement élargie par le parquet à des faits de trafic de cigarettes, escroqueries, extorsions, association de malfaiteurs et blanchiment en bande organisée, en raison de la découverte d’éléments permettant de soupçonner l’existence d’une organisation structurée se livrant à plusieurs activités illégales sous l’autorité de plusieurs membres d’une famille arménienne ayant pignon sur rue à Béziers : trafics de stupéfiants et de cigarettes alimentant le monde de la nuit, ainsi que plusieurs réseaux locaux à Pézenas et Béziers ; obtention et revente d’armes de catégorie B ou catégorie A à des individus manifestant le souhait d’en acquérir ; escroqueries par la revente de véhicules aux compteurs kilométriques trafiqués par les gérants de trois garages situés à Vendres et Béziers, avec près de 150 victimes identifiées.

« Les têtes du réseau imposait leur loi, n’hésitant pas à user de violences et de menaces envers ceux qui étaient notamment rackettés et qui craignaient des représailles. Nombreux sont des victimes qui avaient peur de dénoncer cette famille et leurs complices », indique une source proche de l’enquête à Métropolitain. Une véritable organisation mafieuse avait été mise en place.

Le GIGN engagé
Compte tenu de l’ampleur des investigations, les trois magistrats instructeurs du tribunal judiciaire de Béziers étaient co-saisis en janvier dernier. Lundi, une vaste opération d’interpellations était mise en œuvre par la gendarmerie nationale mobilisant 280 militaires dont le GIGN descendu de Paris, des antennes locales du GIGN, dont celle d’Orange, tous les pelotons de surveillance et d’intervention -Psig- du groupement de l’Hérault (Castelnau-le-Lez, Lodève, Lunel, Béziers et Pézenas) et plusieurs autres unités extérieures au département venus de Millau, de Paris, de Marseille avec le renfort d’un hélicoptère du détachement aérien de Montpellier et de cinq équipes cynophiles, ainsi que de l’Institut national spécialisé pour l’examen des armes.

77 000€ de numéraire
Vingt suspects qui étaient discrètement surveillés depuis plusieurs mois étaient interpellés à Béziers, Millau, Sète, Vincennes et Montpellier et placées en garde. Une vingtaine d’autres personnes susceptibles d’avoir participé à ces faits étaient également entendues dans le cadre d’auditions libres. Les perquisitions permettaient la saisie de 16 armes longues, 18 armes de poing, de nombreuses munitions de tous calibres, 300 g de cocaïne, 540 cartouches de cigarettes de contrebande et 77 000 € en numéraire.

Saisies immobilières
Dans le même temps, avec l’appui du GIR, ont été engagées des procédures de saisie de biens immobiliers et mobiliers ainsi que de comptes bancaires pour une valeur totale estimée à plus de 1,3 M€. Jusqu’à ce vendredi à l’issue de leur garde à vue, 16 personnes étaient présentées aux magistrats instructeurs et mises en examen ; 15 d’entre elles ont été placées en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention, le JLD. Les investigations se poursuivent, notamment pour exploiter les éléments saisis en perquisition, et pour permettre aux avocats des personnes mises en examen – lesquelles bénéficient de la présomption d’innocence – d’examiner les très nombreux éléments de la procédure. Une longue instruction débute.

À lire aussi

TAHA CARIM

TAHA CARIM

9 juin 2022