20 juillet 1974 : l’opération de paix qui a sauvé les Chypriotes turcs

Le 20 juillet 1974 reste une date historique pour la Turquie et le peuple chypriote turc. Baptisée Opération de Paix de Chypre (Kıbrıs Barış Harekâtı), cette intervention militaire est lancée cinq jours après le coup d’État organisé par la junte militaire grecque et l’organisation terroriste EOKA-B, dont l’objectif était de rattacher Chypre à la Grèce par l’Enosis.

Face à cette tentative de renverser l’ordre constitutionnel et aux menaces pesant sur la communauté chypriote turque, la Turquie, État garant en vertu du Traité de garantie de 1960, décide d’intervenir.

Les appels à une action conjointe avec les autres États garants étant restés sans effet, Ankara agit seule afin d’empêcher une guerre civile et de protéger les Chypriotes turcs.

Pour les Chypriotes turcs, le 20 juillet 1974 marque la fin de onze années d’isolement, de violences et d’enclavement. Cette intervention a permis de mettre un terme à une période marquée par les affrontements intercommunautaires et a créé les conditions de sécurité qui leur faisaient défaut depuis les années 1960.

Plus de cinquante ans après, certains continuent de qualifier cette intervention d’« invasion ». La Turquie et la République turque de Chypre du Nord rappellent au contraire qu’elle est intervenue après un coup d’État visant à supprimer l’existence politique des Chypriotes turcs et qu’elle s’appuyait sur les droits conférés par le Traité de garantie.

Aujourd’hui encore, le 20 juillet est célébré comme le Jour de la Paix et de la Liberté, symbole de la sécurité retrouvée et de la survie politique du peuple chypriote turc. Pour Ankara, une paix durable ne peut reposer que sur la reconnaissance de l’égalité souveraine des deux peuples vivant sur l’île et sur une solution fondée sur la réalité de deux administrations distinctes.